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Honda admet avoir « perdu presque deux ans » de développement en F1

Dans un entretien à Motorsport.com Japon, le président de HRC Koji Watanabe admet un retard de développement et une perte de facilité de conduite moteur.

Photo : Liauzh / CC BY 4.0

Dans un entretien publié le 17 octobre par Motorsport.com Japon, le président de Honda Racing Corporation (HRC) Koji Watanabe reconnaît que la décision de revenir en Formule 1 un an après les autres motoristes, combinée au temps nécessaire pour mettre en place sa structure de développement, a fait perdre à Honda « presque deux ans ». Il admet aussi que la dernière évolution de l’unité de puissance a atteint la puissance visée, mais a fait reculer la facilité de conduite du moteur à un niveau proche des débuts de la spécification 1.

Un déficit de puissance selon les mesures de la FIA

Interrogé sur une éventuelle infériorité de l’unité de puissance Honda, Watanabe s’appuie sur les mesures de la fédération :

« À en juger par les niveaux de performance mesurés par la FIA dans le cadre de l’ADUO (Additional Development and Upgrade Opportunities), je pense que nous sommes clairement inférieurs aux unités de puissance des autres motoristes. Bien sûr, nous ne pouvons pas connaître avec précision les valeurs des unités de puissance rivales, donc cela vaut si l’on se fie aux chiffres de la FIA. » Koji Watanabe, président de HRC, dans un entretien à Motorsport.com Japon

« Les pilotes le disent aussi, mais l’aspect le plus important est que la puissance est inférieure à celle des autres », ajoute-t-il. C’est pourquoi la spécification 2 de l’unité de puissance visait à augmenter progressivement cette puissance manquante.

La facilité de conduite du moteur sacrifiée pour la puissance

Watanabe reconnaît que ce gain de puissance a eu une contrepartie sur le comportement du moteur :

« Avec cette spécification 2, nous avons atteint la puissance que nous visions, mais nous avons légèrement modifié le mode de combustion et d’autres aspects, et la facilité de conduite est de ce fait revenue à une sensation proche de celle des débuts de la spécification 1. » Koji Watanabe, président de HRC, dans un entretien à Motorsport.com Japon

« Sur ce point, nous pouvons progresser, tant sur le plan matériel que sur celui du contrôle, si nous avons du temps. Même en pleine lutte difficile, nous avons pu confirmer que la facilité de conduite s’améliore. La puissance, en revanche, continue de manquer. C’est sur ce point que nous devons progresser. » Koji Watanabe, président de HRC, dans un entretien à Motorsport.com Japon

Un retard de « presque deux ans » dès le départ

Watanabe fait remonter les difficultés actuelles au lancement tardif du programme :

« Je pense que le point de départ, au fond, a été le retard dans le lancement du développement. » Koji Watanabe, président de HRC, dans un entretien à Motorsport.com Japon

Selon lui, HRC avait maintenu une activité de recherche F1 de base après son retrait du championnat, mais l’annonce officielle du retour en 2023 a nécessité de construire rapidement une structure de développement complète, ce qui a pris du temps :

« Le fait d’avoir pris la décision de revenir un an après les autres, et le temps nécessaire pour mettre en place la structure de développement, ont fait que nous avons, dans les faits, perdu presque deux ans. Dans ce contexte, nous avons décidé de nous concentrer d’abord sur le développement de la batterie et du moteur électrique, qui demandent du temps, et je crois que nous avons atteint nos objectifs dans ces domaines. Mais cela a entraîné un retard dans le développement du moteur à combustion. » Koji Watanabe, président de HRC, dans un entretien à Motorsport.com Japon

« Si nous avions pu démarrer le développement dès le début avec une structure complète, nous aurions pu répartir les ressources entre la partie électrique et le moteur. Mais au début, nous manquions de personnel, donc nous avons d’abord lancé le développement de la partie électrique, avant de nous concentrer sur le moteur. Nous avons poursuivi ce développement pour rattraper le retard, mais nous nous sommes ensuite heurtés au plafond budgétaire et à la limite des heures de travail, et nous n’avons finalement pas réussi à combler ce retard. » Koji Watanabe, président de HRC, dans un entretien à Motorsport.com Japon

Watanabe lie ce retard à la difficulté de reconstituer les équipes : après le retrait de Honda de la F1 à la fin de sa quatrième ère, une grande partie des ingénieurs F1 avait été transférée vers d’autres services à partir du 31 mars 2022.

« Je ne peux évidemment pas donner de chiffres, mais après la fin de notre participation lors de la quatrième ère, une grande partie des ingénieurs qui s’occupaient de la F1 ont été transférés, à partir du 31 mars 2022, vers les services de développement pour la neutralité carbone et les technologies avancées. Lorsque nous sommes revenus en F1, il ne suffisait pas de faire revenir tous ces ingénieurs. Il y a aussi eu des embauches de personnes expérimentées et du personnel venu d’autres services. » Koji Watanabe, président de HRC, dans un entretien à Motorsport.com Japon

Honda a par ailleurs choisi de concevoir un moteur entièrement nouveau plutôt que de faire évoluer celui utilisé jusqu’en 2025 : « Nous n’avons pas développé le moteur à partir de celui utilisé jusqu’en 2025 ; nous avons créé un moteur nouveau. Je pense que c’est là qu’il y a eu plusieurs difficultés. »

Un partenariat avec Aston Martin mis à l’épreuve

Avant de poser la question, Motorsport.com évoque des rumeurs selon lesquelles Aston Martin aurait contacté d’autres motoristes. Interrogé sur d’éventuels problèmes dans la relation avec Aston Martin, Watanabe répond en insistant sur le renforcement du partenariat :

« L’objectif est le même depuis le début. À tous les niveaux, nous n’avons d’autre choix que de renforcer solidement le partenariat, et nous comprenons mutuellement que c’est justement cet aspect qui est mis à l’épreuve. C’est pourquoi je pense que la relation devient encore plus solide. » Koji Watanabe, président de HRC, dans un entretien à Motorsport.com Japon

« Nous discutons vraiment ouvertement de la façon d’augmenter la compétitivité de l’unité de puissance et du châssis en tant que monoplace unique, de ce qui est en retard actuellement, des problèmes qui existent et des mesures nécessaires pour les résoudre. L’unité de puissance comme le châssis ont encore beaucoup de problèmes. Aucun des deux côtés n’est parfait. Notre volonté d’améliorer résolument les deux n’a absolument pas changé. » Koji Watanabe, président de HRC, dans un entretien à Motorsport.com Japon

Watanabe cite en exemple la voiture d’Aston Martin ramenée à HRC Sakura après le Grand Prix du Japon pour y effectuer des essais : « Même aujourd’hui, il y a des membres du personnel d’Aston Martin à Sakura. »

Et maintenant ?

Watanabe quittera la présidence de HRC à la fin de l’année 2026 ; Keiichi Yasuda, actuel vice-président exécutif, prendra la présidence le 1er janvier 2027. Watanabe conclut sur l’intégration entre le châssis et l’unité de puissance : « Je pense qu’il faudra encore beaucoup de temps avant d’atteindre les 100 %. Mais nous devons faire en sorte de pouvoir courir correctement l’année prochaine. Je crois que c’est avant tout cela qui est important. »