Au Grand Prix de Bahreïn en Malaisie, disputé dimanche à Sepang, un problème d’accélérateur a touché de nombreuses voitures sous la pluie, dont celles de Max Verstappen et de Lewis Hamilton, qui partaient en première ligne. Plusieurs se sont immobilisées et le drapeau rouge a été agité. Le directeur technique des monoplaces de la FIA, Nikolas Tombazis, a attribué l’incident à un bug logiciel que la FIA n’avait pas pu tester aussi largement qu’elle l’aurait voulu.
Un tour de formation chaotique
Le départ avait déjà été retardé de 40 minutes par une averse. Au tour de formation, des voitures ont cessé de répondre à l’accélérateur ou se sont arrêtées sur la piste. Selon la presse espagnole, Verstappen a réclamé « Je n’ai pas de gaz » juste avant de pouvoir repartir, tandis que le muret Ferrari parlait d’« un problème de logiciel » en voyant la voiture de Hamilton rouler à vitesse d’escargot. La voiture d’Esteban Ocon et les Cadillac ont aussi eu des problèmes, d’après la même source.
Le retard pour relancer la course a atteint 53 minutes, le temps d’une mise à jour du logiciel. Max Verstappen a ensuite remporté la course.
L’explication de Tombazis
La F1 n’avait pas encore roulé en compétition sur une piste réellement mouillée cette saison, a expliqué Nikolas Tombazis. Elle a été surprise par la réaction de l’unité de puissance à des voitures roulant extrêmement lentement.
« Nous n’avons pas réussi à tester le logiciel aussi largement que nous l’aurions voulu, parce qu’il y a eu très peu de roulage sous la pluie cette année, et il y a eu un peu une combinaison de circonstances qui a fait entrer ce bug en action. » Nikolas Tombazis, FIA
« En gros, au tour de formation, certaines voitures sont allées très lentement, presque à l’arrêt. Il y a eu un peu un effet d’accordéon entre les voitures, et certaines se sont presque arrêtées complètement. Et ce bug a empêché la puissance d’être redéployée et les voitures de repartir. Je pense qu’avec un peu plus de tests, nous aurions probablement réussi à l’attraper à temps et à ne pas avoir une telle situation. » Nikolas Tombazis, FIA
Il a salué la réaction de la FIA : ses équipes ont compris très vite ce qui se passait et ont dû travailler sous forte pression pour produire une mise à jour du logiciel, envoyée aux écuries, qui ont dû l’installer sur leurs voitures.
« Tout cela a pris environ 20 minutes. Cela a pu sembler cinq heures pour les spectateurs qui attendaient une course et pour tout le monde, ce qui est compréhensible, et nous en sommes désolés. Mais je pense que c’était une réaction assez rapide compte tenu du problème. » Nikolas Tombazis, FIA
Le communiqué de la FIA
Selon la presse espagnole, la FIA a expliqué dans un communiqué qu’une combinaison sans précédent de bas régimes moteur, de faible adhérence, de réglages de gestion de l’énergie pour la pluie et de la configuration des secteurs de Sepang avait provoqué une perte de puissance involontaire sur plusieurs voitures. Son département technique a supprimé la limite d’énergie dans les secteurs concernés, par une mise à jour du logiciel distribuée à tous les concurrents pendant le retard. Le problème n’avait été détecté ni par la FIA ni par les équipes pendant les essais ni pendant les tours de chauffe. La FIA va mener une revue approfondie avec les équipes et les motoristes.
Les réactions
Sergio Perez a jugé la situation « inacceptable ». Lando Norris l’a qualifiée de « juste horrible » et a estimé que « nous ne devrions rien avoir de tout ça, le côté électronique ». La puissance des nouvelles monoplaces de F1 est électrique à hauteur de 47 %.
Pedro De la Rosa, ambassadeur d’Aston Martin et vétéran de la F1, a déclaré sur DAZN : « C’est l’un des débuts de course les plus étranges que j’aie jamais vécus. »
Huitième, Fernando Alonso a plaisanté à l’issue de la course, au terme d’une journée inhabituellement bonne pour Aston Martin-Honda : « J’ai eu 50 % d’abandons cette année, ils n’ont jamais arrêté la course pour nous. »
